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19 nov -- 20 déc  

Théâtre d'Arras - TANDEM

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MIROIR(S) 

~

- installation  -

sonore et visuelle

 

~ Une femme détenue est une femme, non une détenue. 

        in Détenues, Bettina Rheims, préface de Nadeije Laneyrie-Dagen, éditions Gallimard

Retraverser collectivement nos propres histoires par le prisme de l'Histoire ça donne du recul pour arriver à Miroir(s), le deuxième volet du projet, avec L’Origine du monde, de Gustave Courbet. 

 

Miroir(s) repose sur la récolte de témoignages face à une œuvre d’art. Il est essentiel pour moi de donner la parole à celles et ceux qui ne l’ont pas habituellement, de donner de la valeur aux mots, à la pensée de chacun.e. Pas besoin de poétiser leurs propos, ni de gommer leurs expressions, car tout y est, la vie et la beauté vraies et sans artifices, et c’est ce que je tente de révéler au travers de Miroir(s). 

Les femmes qui composent L’Origine du monde ont participé librement aux interviews. Qui sont-elles ? Que font-elles ? C’est un mystère, l’anonymat reste absolu, leur existence demeure secrète mais leur voix comme une bulle d’air qui remonte à la surface, affleure puis éclate. Emergées de la nuit carcérale, elles mettent en lumière le corps, le plaisir, le désir, le choix, la liberté. Ces voix ont du panache, elles sont vivantes, elles questionnent, elles s’enflamment, elles sont libres, et n’est-ce finalement pas la seule liberté qui vaille ?

 

Datée de 1866, L’Origine du monde demeure clivante et sujette à la censure encore aujourd'hui. Il n’est pas anodin de rappeler qu'elle a passé une bonne partie de sa vie enfermée, cachée, bannie, et aujourd’hui elle reste somme toute toujours recluse dans une salle annexe loin du circuit officiel du Musée d'Orsay à Paris. 

Avec cette nouvelle coiffeuse Miroir(s), ces femmes sortent le sexe féminin de son enfermement, et révèlent combien la liberté trouve son origine dans le corps.

Avec Zaoum qui signifie en russe au delà de la raison, au delà du cadre - et que j’aime traduire par au delà du regard - il s’agit non pas d’ouvrir des portes vers un ailleurs, mais d'élargir la perception de là où on se trouve, de déplacer le regard pour ouvrir le champ des possibles ici et maintenant. 

 

Ce projet tissé avec les femmes de la MAF m’a profondément émue, au sens de mouvoir, déplacer à des endroits inattendus, étonnants et intensément lumineux tout au long de la saison 2018-2019.

 

A l’interface, entre intérieur et extérieur, je me disais cette femme pourrait être moi, ou ma sœur, ma mère, ma voisine. Je pourrais être elle.

Ensemble, pendant les représentations de L’Histoire du sexe et de l’amour, autour de L’Origine du monde, il n’y avait plus de polarité, plus de frontière car une femme détenue est une femme, non une détenue. 

Quel que soit l’âge, l’origine, l’éducation, les expériences, toutes partageons le même besoin plus ou moins impérieux de se libérer des « chaînes ».

Ainsi parlait Nietzsche à Lou Andréa Salomé dans cette courte lettre...

Naumberg, 1er septembre 1882

Ma chère Lou,
La profonde demande de mon cœur : devenez celle que vous êtes !
On a d’abord du mal à se libérer de ses chaînes, et finalement il faut encore se libérer de cette émancipation !
Chacun est travaillé à sa manière par la maladie des chaînes, même après qu’il ait brisé celles-ci.
Acquis de tout cœur à votre destin car en vous j’aime aussi mes espérances,
Votre fidèle N.